Causes médicales de l’incontinence urinaire chez le chat

Observer son chat perdre involontairement son urine est une expérience difficile. Ce problème, touchant une proportion significative de la population féline, nécessite une intervention vétérinaire rapide pour un diagnostic et un traitement adaptés. Comprendre les causes sous-jacentes est essentiel pour améliorer le bien-être de votre animal.

L'incontinence urinaire chez le chat se caractérise par une perte involontaire d'urine. Il est important de la différencier du marquage urinaire territorial, un comportement intentionnel généralement impliquant de petites quantités d'urine.

Problèmes du système urinaire

Les affections du système urinaire représentent une cause fréquente d'incontinence chez les félins. La localisation précise du problème influence les symptômes et nécessite des examens spécifiques pour un diagnostic précis.

Infections des voies urinaires (IVU)

Les IVU sont des infections bactériennes courantes chez les chats. Elles se traduisent souvent par une augmentation de la fréquence mictionnelle (pollakiurie), des difficultés à uriner (dysurie), et parfois par la présence de sang dans les urines (hématurie). L'inflammation vésicale qui en résulte peut perturber le contrôle urinaire, causant de l'incontinence. Environ 15% des chats présenteront une IVU au cours de leur vie. Un traitement rapide par antibiotiques est essentiel.

Calculs urinaires

La formation de calculs urinaires (ou pierres) dans la vessie ou les reins peut obstruer les voies urinaires, gênant l'évacuation normale de l'urine. Différents types de calculs existent, selon leur composition chimique (struvite, oxalate de calcium...). Ils peuvent causer des douleurs, une inflammation et une incontinence. La présence de calculs peut être diagnostiquée par échographie ou radiographie. Plus de 20% des chats adultes sont affectés par des calculs urinaires à un moment de leur vie.

Cystite idiopathique féline (CIF)

La CIF est une inflammation de la vessie sans cause identifiable. Des facteurs comme le stress, l'alimentation ou des problèmes comportementaux sont suspectés. Les symptômes comprennent une augmentation de la fréquence des mictions, des difficultés à uriner, et une douleur pendant la miction. La CIF peut provoquer une incontinence. Il est estimé que 10% des visites chez le vétérinaire pour troubles urinaires sont liés à la CIF.

Insuffisance rénale chronique (IRC)

L'IRC est une affection progressive qui altère la capacité des reins à filtrer les déchets. La dégradation rénale impacte l'équilibre hydrique et peut conduire à une production excessive d'urine (polyurie) et une incontinence. L’IRC est diagnostiquée chez plus de 5% des chats âgés de plus de 10 ans.

Tumeurs vésicales ou rénales

Les tumeurs, bénignes ou malignes, peuvent se développer dans la vessie ou les reins, perturbant leur fonctionnement. Elles peuvent causer des saignements urinaires et une incontinence. Un diagnostic précoce par des examens tels que l'échographie et la biopsie est essentiel.

Troubles neurologiques et contrôle de la miction

Le système nerveux central joue un rôle crucial dans le contrôle de la vessie. Des lésions ou des maladies neurologiques peuvent donc engendrer une incontinence urinaire.

Lésions de la moelle épinière

Les traumatismes, les maladies dégénératives, ou les hernies discales peuvent causer des lésions de la moelle épinière affectant les nerfs contrôlant la vessie. Ceci entraîne une perte de contrôle de la miction et une incontinence. Les chats âgés sont plus susceptibles de développer des problèmes de la moelle épinière.

Maladies neurologiques

Certaines maladies neurologiques, comme l'encéphalite, peuvent impacter le contrôle vésical, entraînant de l'incontinence. Les symptômes varient en fonction de la maladie spécifique.

Incontinence liée à l'âge

Le vieillissement peut affecter les nerfs contrôlant la vessie, diminuant le contrôle urinaire. Ce phénomène est observé plus fréquemment chez les chats âgés de plus de 15 ans, et peut être associé à une faiblesse musculaire du sphincter urétral.

  • Diminution de la tonicité vésicale
  • Réduction de la capacité de concentration urinaire
  • Augmentation du volume résiduel post-miction

Dysfonctionnement endocrinien et incontinence

Les déséquilibres hormonaux peuvent avoir un impact significatif sur la fonction vésicale et peuvent causer de l'incontinence chez le chat.

Hyperthyroïdie

L'hyperthyroïdie, un excès d'hormones thyroïdiennes, peut provoquer une augmentation de la fréquence et du volume urinaire, pouvant mener à l'incontinence. L'hyperthyroïdie est diagnostiquée chez environ 10% des chats âgés de plus de 10 ans.

Diabète mellitus

Le diabète, caractérisé par une hyperglycémie chronique, peut perturber l'équilibre hydrique et affecter le fonctionnement des reins, contribuant à l'incontinence. Le diabète représente une cause moins courante d'incontinence chez le chat, affectant moins de 1% de la population féline.

Autres facteurs contribuant à l'incontinence

Des facteurs supplémentaires peuvent aggraver l'incontinence ou en être à l'origine. Une attention globale est nécessaire pour identifier toutes les causes potentielles.

Effets secondaires médicamenteux

Certains médicaments, notamment les diurétiques, peuvent augmenter la production d'urine et favoriser l'incontinence. Il est important de signaler tous les médicaments au vétérinaire.

Obésité féline

L'obésité exerce une pression accrue sur la vessie, pouvant contribuer à l'incontinence. La perte de poids sous surveillance vétérinaire peut améliorer la situation. 30% des chats sont en surpoids ou obèses.

Faiblesse du sphincter urétral

Une faiblesse du sphincter urétral, le muscle qui contrôle l'ouverture et la fermeture de l'urètre, peut causer une incontinence. Cette faiblesse peut être liée à l'âge ou à d'autres pathologies. Le vieillissement affecte progressivement la force musculaire du sphincter.

  1. Examen physique complet
  2. Analyse d'urine
  3. Échographie abdominale
  4. Radiographie (si nécessaire)
  5. Cystoscopie (si nécessaire)

Diagnostic et examens

Un diagnostic précis est essentiel pour traiter efficacement l'incontinence. Le vétérinaire utilisera une combinaison d'examens pour identifier la cause sous-jacente.

Examen physique

Un examen physique complet permettra au vétérinaire d'évaluer l'état général du chat, de palper l'abdomen à la recherche d'anomalies, et d'évaluer la fonction rénale.

Examens laboratoires et imagerie

Des analyses d'urine pour identifier les infections, les cristaux ou les anomalies cellulaires sont réalisées. L'échographie permet de visualiser la vessie et les reins, détectant des calculs, des tumeurs ou des anomalies structurelles. La radiographie peut être utile pour détecter certains types de calculs.

Autres examens diagnostiques

Une cystoscopie, consistant à observer l'intérieur de la vessie à l'aide d'un endoscope, peut être réalisée pour une évaluation plus précise de la paroi vésicale. Des analyses sanguines peuvent être effectuées pour évaluer la fonction rénale et rechercher d’autres affections.

Approches thérapeutiques de l'incontinence

Le traitement de l'incontinence urinaire chez le chat dépend de la cause sous-jacente et nécessite une approche personnalisée.

Traitements médicamenteux

Les antibiotiques sont utilisés pour traiter les IVU. Les anti-inflammatoires peuvent réduire l'inflammation de la vessie. D'autres médicaments peuvent aider à améliorer le contrôle vésical, en fonction du diagnostic.

Interventions chirurgicales

L'ablation chirurgicale de calculs urinaires peut être nécessaire dans certains cas. La chirurgie peut également être envisagée pour le traitement de tumeurs ou d'autres anomalies structurelles.

Gestion environnementale

Aménager un environnement adapté est crucial. Cela implique de placer des litières facilement accessibles, de protéger les meubles, et d'assurer un nettoyage régulier des zones concernées. Une litière à accès facile réduit le stress pour le chat.

Conseils diététiques

En cas de calculs urinaires, un régime alimentaire adapté peut être recommandé pour modifier le pH urinaire et prévenir la formation de nouveaux calculs. Un régime contrôlé en minéraux est parfois prescrit.

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